Brèves de voyage 1

1 novembre 2013 à 08:07 | Publié dans partir | Laisser un commentaire
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Je suis sur la passerelle d’embarquement pour un petit voyage d’une heure.
C’est long, apparemment l’installation des passagers prend du temps.
Devant moi, un groupe de 6 personnes, trois couples d’âge certain, je dirais entre 60 et 70 ans, bedaines en avant, sourires satisfaits, parlant fort, expliquant entre eux et donc aux passagers autour d’eux que ce petit vol là n’est rien à côté des 16 h qui les attendent après…
Bedaine, sauf pour une d’entre eux, toute menue, toute fripée aussi.
Madame menue, appelons là Marie, interpelle monsieur qui est quelques pas devant : Jojo, retourne toi que je prenne une photo.
Jojo s’exécute lentement, tournant un visage peu amène vers Marie. J’ai même l’impression que s’il pouvait la fusiller du regard il le ferait.
Marie tarde un peu à prendre sa photo avec son téléphone portable, et le déclic intervient alors que Jojo, lassé sans doute d’attendre, et devant leurs amis qui observent la scène, sans un sourire, vient de retourner la tête. Marie est déçue, mais n’ose rien dire.
La conversation avec les autres continue, même si les remarques de Marie tombent à plat et ne sont pas relevées par les autres.
La file avance un peu.
Marie se rapproche de Jojo, et lui prend la main furtivement, enfin pas la main, juste deux doigts que Jojo semble lui abandonner à regret. Je suis hypnotisée, juste derrière eux, par ces mains. Je sens que Jojo n’apprécie pas, mais je n’en ai pas la preuve…
J’ai l’impression qu’il n’est pas content, je me demande combien d’années de rancœur, de disputes, d’infidélités il y a derrière cette animosité.
Pourquoi sont-ils ensemble? Quelles satisfactions y trouvent ils chacun…?
La file avance encore.
C’est enfin le moment de rentrer dans l’avion.
Jojo, sans hésitation fait un pas en avant, arrache ses doigts avec brutalité de la main de Marie. Il passe devant elle et ne lui offre plus que son dos hostile.
Je suis derrière elle, et je sens sa détresse passer jusqu’à moi, je la vois essuyer furtivement une larme.
Scène de la goujaterie ordinaire?

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