Brèves de voyage 2

5 janvier 2014 à 10:36 | Publié dans Souvenirs | Laisser un commentaire
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Le métro, quand on a presque toute la ligne à faire, sans livre, sans journal et sans téléphone, c’est long.
Mais ça permet de voir ce qui se passe autour de soi.
Ce jour là, il y a longtemps, je devais avoir 18 ou 19 ans, j’étais en 2è année de médecine, je sortais d’une séance de dissection, j’avais l’impression d’avoir l’odeur du formol collée à la peau, et j’avais besoin de voir des gens vivants pour me changer les idées.
Le métro pour ça c’est bien, on voit des gens.
Ce jour là, donc, quand j’entre dans la rame, il y a une place sur une banquette en bordure de l’allée, en bout de rame. Je m’installe le plus confortablement possible, il y a du monde. Et j’observe (discrètement) mes voisins.
À ma droite sur la banquette de l’autre côté de l’allée, dans le même sens que moi, un couple, lui doit avoir entre 50 et 60 ans, et elle à peine 30 ans. Il a le bras droit posé sur son épaule, et il lui parle, l’embrasse dans le cou.
La rame démarre.
Quelques stations passent, je rêvasse un peu.
Je suis tirée de ma torpeur quand je vois mon voisin dégager brusquement son bras et se lever comme un ressort, la jeune femme restant interloquée.
Elle va vite comprendre, et moi aussi.
Un couple d’une cinquantaine d’années vient d’entrer, salue Monsieur « bonjour quelle surprise, Christian », jette un regard sur la demoiselle, et s’installe en face d’eux où les places viennent de se libérer.
La rame repart, et la conversation s’engage, je devrais dire l’interrogatoire :
« Alors que devenez vous? Vous travaillez en ce moment? (Sous entendu qu’est-ce que vous faites dans le métro à 4h de l’après-midi?)
Et votre femme, elle va bien? (Regard appuyé de la dame vers la demoiselle)
Et vos enfants, ils font des études?
Il faudrait qu’on se voit un de ces jours… »
Et bla bla bla et bla bla bla, sans interruption.

La demoiselle regarde par la fenêtre les murs du métro qui défilent…
Quelques stations plus tard (je ne saurai jamais si c’était son arrêt véritable ou si elle a essayé de donner le change en sortant avant le dénommé Christian), elle se lève, passe devant eux pour sortir, pendant que Christian tend son bras gauche derrière elle pour la caresser discrètement pendant qu’elle passe, sous mes yeux, à moi qui suis justement là dans l’angle.
Elle passe, donc, et se retrouve devant la porte, derrière le couple donc, et jette un sourire éclatant et triste à Christian, qui lui, face au couple, ne peut pas répondre.
Elle sort.
La conversation continue, mais avec moins d’entrain, le couple n’ayant plus de vrai motif pour évoquer les souvenirs communs et toute la famille de Christian.
Encore quelques stations, et Christian sort.
Et le couple de commenter avec force appréciation la scène qui vient de se dérouler. Madame est très virulente et affirmative, Monsieur moins, il essaie d’introduire le doute dans les certitudes de Madame.
Solidarité masculine probablement….
J’ai eu l’impression d’avoir assisté bien malgré moi à un mauvais vaudeville…. mauvais mais efficace pour oublier la table de dissection….

Brèves de voyage 1

1 novembre 2013 à 08:07 | Publié dans partir | Laisser un commentaire
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Je suis sur la passerelle d’embarquement pour un petit voyage d’une heure.
C’est long, apparemment l’installation des passagers prend du temps.
Devant moi, un groupe de 6 personnes, trois couples d’âge certain, je dirais entre 60 et 70 ans, bedaines en avant, sourires satisfaits, parlant fort, expliquant entre eux et donc aux passagers autour d’eux que ce petit vol là n’est rien à côté des 16 h qui les attendent après…
Bedaine, sauf pour une d’entre eux, toute menue, toute fripée aussi.
Madame menue, appelons là Marie, interpelle monsieur qui est quelques pas devant : Jojo, retourne toi que je prenne une photo.
Jojo s’exécute lentement, tournant un visage peu amène vers Marie. J’ai même l’impression que s’il pouvait la fusiller du regard il le ferait.
Marie tarde un peu à prendre sa photo avec son téléphone portable, et le déclic intervient alors que Jojo, lassé sans doute d’attendre, et devant leurs amis qui observent la scène, sans un sourire, vient de retourner la tête. Marie est déçue, mais n’ose rien dire.
La conversation avec les autres continue, même si les remarques de Marie tombent à plat et ne sont pas relevées par les autres.
La file avance un peu.
Marie se rapproche de Jojo, et lui prend la main furtivement, enfin pas la main, juste deux doigts que Jojo semble lui abandonner à regret. Je suis hypnotisée, juste derrière eux, par ces mains. Je sens que Jojo n’apprécie pas, mais je n’en ai pas la preuve…
J’ai l’impression qu’il n’est pas content, je me demande combien d’années de rancœur, de disputes, d’infidélités il y a derrière cette animosité.
Pourquoi sont-ils ensemble? Quelles satisfactions y trouvent ils chacun…?
La file avance encore.
C’est enfin le moment de rentrer dans l’avion.
Jojo, sans hésitation fait un pas en avant, arrache ses doigts avec brutalité de la main de Marie. Il passe devant elle et ne lui offre plus que son dos hostile.
Je suis derrière elle, et je sens sa détresse passer jusqu’à moi, je la vois essuyer furtivement une larme.
Scène de la goujaterie ordinaire?

A la recherche du MG perdu….

22 septembre 2013 à 10:07 | Publié dans Études, Médecine, twitter | 3 commentaires
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Être médecin généraliste aujourd’hui.

Pendant mes études, je n’ai jamais fait de médecine générale.
Mais comme j’avais choisi plusieurs stages en médecine interne, je savais au moins comment faire un examen clinique complet de médecine générale, comment faire la synthèse d’une consultation.
Mais je ne savais pas gérer un cabinet, faire la paperasse, gérer les patients, traiter une rhinopharyngite…

Ma première année d’installation, de création je devrais dire, dans un endroit isolé parce que j’avais suivi Monsieur, j’ai eu la chance de pouvoir faire un mi-temps dans un « centre de santé » où je succédais à un médecin aguerri. Ses notes sur les dossiers, les traitements en cours, cela m’a aidé pour les patients que je voyais dans le centre, et pour les autres aussi au cabinet…
Ensuite, toute seule dans le grand bain, j’ai développé peu à peu ma patientèle.
Au centre de santé 4 patients par heure, cela ne me convenait pas, c’était trop, je traitais un ou deux problèmes, et je faisais revenir pour les autres.
A mon cabinet, 2 patients par heure, c’était le paradis.
A l’époque, les honoraires décents permettaient cet exercice, même sans travailler à temps complet (2/3 de temps).

Je faisais de la cardiologie, de la pneumologie, de la gastro-entérologie, beaucoup de gynécologie (pose de stérilets, suivi de grossesse…), etc, et de la médecine générale, et ce n’était pas, loin de là, la sommation de toutes les spécialités, c’était complémentaire, c’était une prise en charge globale.
Dès que c’était nécessaire, j’avais la chance d’avoir des spécialistes, peu nombreux mais compétents, qui me donnaient leur avis. C’était passionnant et agréable. J’étais disponible, mais pas envahie, pas débordée.

Pourtant, ceux qui avaient vraiment eu un âge d’or, c’était ceux de la génération d’avant : des patients assez nombreux et respectueux du médecin (jamais on ne l’aurait dérangé pour rien), pas trop de médecins, des honoraires corrects, les débuts de la convention qui solvabilisait les patients sans, alors, pénaliser les médecins…

A mon époque donc, il y avait beaucoup de médecins, généralistes et spécialistes (la médecine générale n’était pas encore une spécialité).
Il y en avait partout! Ceux qui voulaient démarrer vite allaient dans TrouPaumé. Ceux qui préféraient rester dans GrandeVille reprenaient une patientèle, ou créaient un nouveau cabinet, en sachant que trois années difficiles allaient suivre. Mais ils pouvaient prendre des gardes… les astreintes n’étaient pas rémunérées même en rêve, il n’y avait pas de repos compensateur, mais on voyait du monde.
Ceux qui voulaient devenaient salariés…
Toute cette liberté, ça n’a pas plu.
Certains disaient qu’il y avait trop de médecins.
Les tutelles parce que dans leur esprit c’était l’offre (de médecins) qui créait la demande (de patients).
Certains syndicats parce que…. je ne sais pas bien pourquoi, je n’ai jamais compris.
D’où le démarrage du numerus clausus que j’ai vécu (il existait déjà depuis quelques années, ce concours en fin de première année quand je l’ai passé, il n’était pas trop méchant alors).

Plus tard, j’ai dû revenir dans la grande ville, le temps avait passé, les patients avaient changé (oui, autre lieu, autre temps, autres patients!), il y avait encore beaucoup de médecins, mais la convention s’était durcie, les conditions de vie du médecin étaient plus difficiles.

Donc il a fallu faire plus de paperasse, encore plus, et encore, et encore… Les honoraires n’ont pas bougé, les charges se sont alourdies, les conditions de travail se sont tellement dégradées que j’ai vu disparaître (un peu) le métier que j’aimais.

L’acte technique (électrocardiogramme, endoscopie digestive, etc.) était tellement plus rémunérateur que l’acte intellectuel que cet acte intellectuel en est devenu méprisé, nié, oublié.

Les patients sont devenus des « usagers », et moi un prestataire de service.

Les mots jouent un rôle important.

Où est passée la médecine générale ?

Or le médecin généraliste a un rôle spécifique, essentiel, qu’aucun autre spécialiste ne peut assumer.

Heureusement :
beaucoup de patients sont fidèles, respectueux de notre travail, de nos horaires (les lapins, fléaux des cabinets qui reçoivent sur rendez-vous), et nous permettent d’être encore heureux de travailler…
et certains médecins sont décidés a améliorer les choses :
car là, du fond de ma tristesse, j’ai vu la relève : ces jeunes généralistes, fiers de l’être, qui twittent et qui bloguent, et qui ne sont, j’en suis certaine, que la face visible de l’immense majorité des jeunes généralistes.

Comme je les admire, ces jeunes qui malgré les difficultés, osent encore se jeter dans le grand bain, et tenter d’exercer ce métier qui est le plus beau du monde… C’est eux qu’il faut encourager, soutenir, accompagner, aider…
Au lieu de les maltraiter, de les montrer du doigt.
Il faut surtout leur redonner ENVIE.
Si le métier redevient attractif, il n’y aura plus aucun problème de désert médical…
ET CE N’EST PAS une question d’argent.
Ils le disent tous, sur leurs blogs. Écoutez-les, lisez-les.

#PrivésDeMG

Vous trouverez la liste des billets sur le sujet, à jour, sur le blog d’@Euphorite

« Il faut respecter la volonté du patient », qu’ils disaient

29 décembre 2012 à 12:05 | Publié dans Uncategorized | 11 commentaires
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Gilbert a 82 ans. Dans sa vie, il a subi pas mal d’épreuves, mais il s’en est bien sorti, et physiquement, il serait plutôt bon pied bon œil.
Chaque jour il sort faire une promenade d’au moins une demi-heure d’un pas alerte, il n’a pas de rhumatismes, pas de traitement si ce n’est un antihypertenseur.
Je le vois tous les 6 mois pour son renouvellement d’ordonnance.
Son épouse, du même âge, est dans le même état.

Ce soir là, quand elle m’appelle, je sens que sa voix est angoissée, et c’est la première fois que ça lui arrive.
« Docteur, il a mal dans la poitrine depuis quelques heures, là il essaye de dormir, mais il n’y arrive pas, il a trop mal. »
Je ne suis pas sur place, je ne peux pas y aller, mais mes patients savent que je vais leur donner un conseil au téléphone.
Je sais aussi que ces patients-là n’appellent JAMAIS pour rien, et que si elle a pris le risque de me déranger à 22h, c’est que c’est grave.
Le diagnostic d’infarctus du myocarde est très probable, cela fait quelques heures qu’il souffre, je lui demande d’appeler le 15 immédiatement et de me tenir au courant.
Une heure après, sans nouvelles je la rappelle :
« oui Docteur, je n’osais pas vous déranger, ils ont dit comme vous, ils l’ont emmené aux Urgences, je l’ai accompagné, là ils vont lui faire un examen pour déboucher une artère, je crois. Ils lui ont donné beaucoup de morphine, mais il a toujours mal. »

J’appelle le service urgences cardio, où on me confirme qu’il s’agit bien d’un infarctus localisé, mais qui a eu le temps de s’étendre quand même, et que devant le bon état général sous-jacent, et malgré l’âge, ils ont décidé de faire une coronarographie.
Une heure plus tard, verdict : une seule sténose bien localisée, pose d’un stent, autres artères coronaires aussi saines que possible.
Transfert en réa.
Surveillance.

Le lendemain, je passe le voir. Il se remet doucement, je vois qu’il est mis sous bétabloquant.
J’interviens, j’explique que ce patient supporte mal les bétabloquants, qui provoquent des ralentissements de la fréquence cardiaque importants et mal tolérés.

On m’écoute, on me promet qu’on va en référer au Chef.

Mais le traitement est poursuivi.

Sous scope mon patient fait bien quelques pauses, mais il se remet, et au bout de quelques jours on lui propose un séjour dans un centre de réadaptation spécialisé.
Il accepte avec joie car il se sent mieux et a hâte de retrouver son autonomie.
Le transfert a lieu en ambulance.
Son épouse voudrait l’accompagner, mais l’ambulance refuse de la prendre. C’est donc en taxi qu’elle fera les 80 km qui séparent l’hôpital du centre de réadaptation.

Arrivée au centre.
Prise en charge un peu chaotique semble-t-il, mais on finit par l’installer dans une chambre, avec son épouse. On lui pose quelques électrodes.
On l’installe dans un fauteuil. Il somnole, fatigué par ce voyage.
Tout d’un coup, il voit surgir une infirmière affolée : il aurait fait une pause un peu longue, mais tout va bien maintenant, et l’infirmière repart.
Il re-somnole.
Re-irruption de l’infirmière, accompagnée du médecin cette fois.
« ça va pas être possible de vous garder, on n’est pas équipé ici pour faire face à un arrêt cardiaque, vos pauses sont trop nombreuses et trop longues, il faut vous poser un pacemaker ».

Là, quelques mots d’explications:

Gilbert n’est pas médecin, il est (il était) ingénieur. Le principe de l’artère qui se bouche et qu’on débouche, il a bien compris. Le cœur qui a des ratés électriques et qu’il faut stimuler de temps en temps, il comprend parfaitement aussi.
Mais Gilbert a vu autour de lui quelques exemples malheureux.
une cousine qui a développé une infection nosocomiale au moment de la pose, et qui a été hospitalisée plusieurs mois.
un ami qui a mal vieilli (démence) et qui est resté en vie très longtemps, protégé par son DFI.
son propre frère a subi cette pose, il a fait peu après un accident vasculaire cérébral qui l’a laissé lourdement handicapé, et il survit aujourd’hui avec son stimulateur cardiaque, qui, selon Gilbert, l’empêche de mourir alors qu’il serait temps.
Gilbert ne veut pas devenir grabataire, il associe pacemaker et survie prolongée dans des conditions de décrépitude qu’il ne veut infliger ni à son entourage, ni à lui.
Il pense que si son cœur s’arrête complètement c’est que son heure est venue, et pas besoin de relancer ce cœur pour vivre plus longtemps.

Gilbert est d’accord pour qu’on le soigne si c’est pour revivre en bonne santé, mais il ne veut pas qu’on prolonge sa vie au-delà de ce qu’il estime, lui, raisonnable.
Il était d’accord pour qu’on lui pose un stent, il n’est pas d’accord pour qu’on lui pose un pacemaker.

C’est son droit.

Il l’exprime avec fermeté.

– « Nous on vous garde pas, de toute façon, vous retournez à l’hôpital »

– « mais je ne veux pas de votre appareil »

– « c’est pas le problème, on vous garde pas »

Re-ambulance, re-taxi pour madame, et retour à la case départ.

Et là, dans le service hospitalier, ça se gâte.
Le chef m’appelle :
« votre patient ne veut pas de pacemaker, il en a besoin, vous devez le convaincre ».

Ok, j’y vais, je parlemente avec Gilbert, je fais des dessins explicatifs (je dessine mal, d’accord, mais il a compris quand même).
J’essaie de le convaincre, j’expose les risques d’une non-intervention. Je lui montre, à lui le scientifique, que trois cas vécus autour de lui ne font pas la généralité, et que des milliers de patients vivent parfaitement bien avec cet appareil.
Je lui explique qu’a priori l’intervention est bénigne (oui mais la cousine), que ça ne l’empêchera pas de mourir (oui, mais en bien plus longtemps), etc.
J’explique à l’épouse aussi.

Rien n’y fait, Gilbert est totalement bloqué sur le sujet, il ne veut pas;

Je vais voir le chef, je lui explique l’échec de ma tentative. Je lui expose que selon moi, il faut respecter cette volonté du patient, et lui permettre de se rééduquer, quand même, malgré ce risque, accepté, d’arrêt cardiaque.

Le chef me regarde comme un misérable médecin généraliste que je suis, même pas capable d’imposer ses vues à son patient.

Mmmhhh, grommelle-t-il, on va voir.

On a vu.

J’ai vu
qu’une semaine plus tard, Gilbert, 82 ans, était abandonné dans un coin du service cardio, avec une vague perfusion qui ne servait à rien puisqu’elle passait à côté, que le chef ne passait plus le voir, et qu’aucune proposition de sortie n’était faite.
Gilbert, 82 ans, ne pouvant que difficilement se lever avec sa perfusion qui passait à côté, était en train de glisser doucement, ses jambes commençaient à s’amyotrophier, des escarres pointaient sous les fesses de ce patient mince d’habitude, et presque cachectique maintenant.

En revanche, les pauses, elles, semblaient diminuer en fréquence et en durée, car l’épisode transfert et re-transfert avait permis l’arrêt des bétabloquants…

Diable. On laisse mourir un patient parce qu’il refuse une intervention?

Quand je comprends enfin que c’est à moi d’agir, j’appelle un confrère que je connais bien, qui prend en réadaptation des patients plus jeunes normalement. Je lui expose le cas, j’insiste un peu, et il accepte de prendre dans son service Gilbert, et sa femme aussi, car depuis un mois qu’elle vient tous les jours à l’hôpital, elle n’est plus en très bon état non plus.

Dans ce service, le premier geste est d’éliminer la perfusion, de redonner à Gilbert la capacité de se lever.

Et, peu à peu, grâce à la douceur et à l’empathie de l’équipe soignante, Gilbert et sa femme réapprennent à bouger, à marcher, tranquillement.
Un mois plus tard, ils ont pu rentre chez eux, en toute autonomie.

Gilbert, après arrêt total des bétabloquants, n’a plus refait de pauses cardiaques.

Deux ans plus tard, il a à peu près récupéré son état d’avant, même si une partie du cœur, nécrosée, manque à l’appel, même si les années pèsent de plus en plus lourd.

Avait-on le droit de le laisser se mourir parce qu’il refusait une intervention?

Hugo

23 août 2012 à 15:58 | Publié dans clinique, diagnostic, examen, Médecine, psychologie | Un commentaire

Hugo a 3 ans.
C’est le troisième d’une fratrie de 4, il a deux sœurs ainées et un frère cadet.

Ses parents me l’amènent aujourd’hui parce qu’il est de plus en plus insupportable, semblant provoquer sans arrêt ses parents et surtout son père. Il est toujours en mouvement, désobéit constamment et se trouve en opposition constante.
Rien de bien méchant, semble-t-il pour un enfant de cet âge, mais les parents sont à bout, surtout le père, qui est interne en médecine, la mère étant en dernière année d’école d’ingénieur.

L’histoire médicale d’Hugo est, malgré son jeune âge, déjà chargée.
Une grave anomalie cardiaque avait été décelée avant même sa naissance. L’enfant a été pris en charge dans un service spécialisé, et plusieurs interventions chirurgicales ont été pratiquées dans les premiers mois de vie.
Les médecins n’avaient pas caché, et le papa en avait parfaitement conscience, que la vie de l’enfant était en danger et que la réussite des interventions n’était pas garantie.
Autrement dit, les parents et Hugo ont vécu une période très difficile.

Puis tout est rentré dans l’ordre, la malformation ayant été totalement réparée. L’enfant a grandi normalement, rattrapant rapidement le petit retard lié aux longues hospitalisations du début de sa vie.

Dès qu’il a su marcher, il a adopté des conduites à risque, se fracturant un jour un bras, un autre jour une jambe…
Bref, à 3 ans, et même si son état général est aujourd’hui parfait, il connaît bien les hôpitaux.

C’est la première fois que je le vois, les parents me l’amènent en désespoir de cause, sur les conseils d’un confrère qui sait que j’ai l’habitude de dénouer ce genre de situation.

Mon confrère m’a fait une longue lettre détaillée, où il m’explique tout cela.

Je décide de laisser Hugo dans la salle d’attente avec sa mère, pour parler tranquillement avec le père dans un premier temps.
Il m’expose les difficultés qu’il a avec son fils, qui semble trouver un malin plaisir à être en opposition constante avec lui.
Il y a manifestement autour de cet enfant une angoisse de mort jamais abordée.
Tout naturellement nous venons à parler des antécédents d’Hugo, et je laisse échapper :
-bien sûr, vous avez déjà expliqué à Hugo les circonstances de sa naissance, sa malformation, ses interventions.
-ah non, me répond-il l’air horrifié et désolé à la fois. Moi je pense aussi que ce serait bien, mais ma femme ne veut surtout pas…
-et pourquoi donc ?
-la mère de ma femme, la grand-mère d’Hugo, donc, est psychologue…
Primo elle déteste les médecins et n’oublie pas d’afficher tout le mépris qu’elle a pour eux.
Secundo, elle estime qu’il faut oublier tout ce qui s’est passé pendant ces premiers mois, ne surtout pas en parler à Hugo à moins qu’il ne pose des questions. Et de toute façon, moins il en saura, mieux ça vaudra.

Je suis abasourdie.

Qu’une belle-mère n’aime pas les médecins, c’est son droit. Qu’elle le répète à tout instant devant sa fille et son gendre (futur) médecin, c’est surprenant.

Qu’elle se permette de donner des conseils venus d’un autre âge avec autorité, cela est désolant pour cet enfant et sa famille.

Je fais revenir la mère et Hugo dans mon cabinet, et patiemment, j’essaie d’expliquer, avec des mots choisis, en tentant de ne pas heurter la sensibilité de la maman, les données actuelles en matière de psychologie de l’enfant.
Qu’il ne faut pas cacher à un enfant des faits qui le concernent.
Que cette angoisse chez ses parents, qu’il ressent forcément, doit pouvoir trouver son explication dans les paroles que ses parents lui diront.
Qu’il faut « mettre des mots sur les maux »…
La consultation dure une heure.
Je tente de donner des exemples, d’expliquer.
Le père m’écoute intéressé, mais sur le front de la mère je lis clairement que je ne la ferai pas changer d’avis, et que ma force de persuasion en une heure ne saurait éclipser celle de sa mère depuis 25 ans.

Je mesure alors la puissance de nuisance que peut avoir une grand-mère.

Je finis, en désespoir de cause, par donner quelques références d’ouvrage de psychologie infantile.

Par chance, et aussi parce que je l’ai organisé ainsi, Hugo a pu saisir quelques bribes de notre conversation, et j’ai bien senti qu’il comprenait quelque chose, et qu’il en paraissait apaisé.

En me quittant, le père me serre chaleureusement la main, la mère me dit au revoir du bout des lèvres, et je ne suis pas très contente de moi.

Je n’ai pas proposé de petit traitement d’épreuve (homéopathie par exemple), juste pour avoir une nouvelle consultation à l’issue. Je ne les reverrai donc sans doute pas et ne saurai pas l’impact de cette consultation.

Je ne voudrais pas avoir provoqué un clash dans ce couple.

Les petits morceaux qu’Hugo a pu comprendre ne sont pas suffisants et surtout ne valent pas une explication directe donnée par ses parents ou, s’ils ne s’en sentent pas la force, par une psychologue au fait des connaissances actuelles en psychologie de l’enfant…

Je n’ai pas osé affronter directement les idées dépassées de la grand-mère, ni expliquer que son comportement était délétère pour le couple et la famille.

Bref une consultation longue, dont je ne suis pas certaine de l’efficacité, voire de la non-nocivité…

aparté

24 avril 2012 à 22:27 | Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

ce n’est pas un nouveau billet, juste un questionnaire à remplir pour mes visiteurs, pour alimenter la thèse d’une future consœur.
si vous passez par là, si vous ne l’avez pas déjà rempli sur le site d’un autre médecin bloggeur, allez-y,
cliquez

Merci pour elle.

Une histoire banale

14 février 2012 à 09:46 | Publié dans diagnostic, gardes, Médecine, urgences | 12 commentaires
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« Allo? Bonjour. C’est ma femme. Elle est tombée dans la rue, et elle a mal au bras…. »

Je les connais bien. Ils ont plus de 80 ans, ne se déplacent pas l’un sans l’autre, s’épaulent et se soutiennent mutuellement…. Il y a un an, elle a fait un infarctus et ne s’est décidée à m’appeler qu’après quatre heures de douleurs. Elle s’en est remise tout doucement, elle commençait à reprendre une vie normale et aussi active que possible…

Bon, éclaircir la situation.

– Elle est tombée où ? Comment?

– Nous étions dans la rue, nous allions faire les courses. Elle a trébuché et elle est tombée…

– Elle a eu un malaise ?

– Non, non, elle a vraiment trébuché, sur le trottoir il y avait un trou…

– Elle s’est relevée seule?

– Non, je l’ai aidée, et aussi des gens qui passaient… Un commerçant a sorti une chaise, elle s’est reposée un peu, et on est rentrés doucement à la maison, maintenant on est à la maison, mais elle a vraiment mal et ne peut pas bouger son bras.

D’accord. Bien sûr c’est un jour férié, ils habitent à 30 km de PetiteVille, que faire?

-Elle ne veut pas appeler le 15, elle ne veut pas aller à l’hôpital, il ajoute.

Ils sont à 30 km, le temps de récupérer ma voiture, je n’y serai pas avant deux heures, cela m’ennuie que des décisions soient prises hors ma présence, et je ne connais personne dans cet hôpital proche de chez eux.

-Prenez un taxi, et venez à CliniqueRéputée de PetiteVille, je leur propose. Comme ça je vous y rejoins et on pourra faire ce qui est nécessaire.

Je préviens des amis d’amis censés connaître quelqu’un à CliniqueRéputée, et je me prépare à y aller moi aussi.

Quand j’arrive, ils ne sont pas encore là, mais ils débarquent quelques minutes plus tard.
Elle se tient le bras, elle essaie faire bonne figure, mais la douleur se lit sur ses traits. On lui a appris à ne jamais se plaindre, et elle ne se plaint pas, elle dit juste dans un souffle, j’ai vraiment mal…

Au secrétariat des urgences personne n’est prévenu de notre arrivée. Après les formalités d’usage, il faut attendre un peu qu’on nous appelle.

J’explique qu’il s’agit d’une fracture probable, que la personne souffre : pas de problème, il faut attendre comme tout le monde…

Une infirmière sort du service des urgences et l’appelle. Je l’aide à se lever, je me présente, je veux l’accompagner.

– Non, vous, vous restez là, vous attendez, dit l’infirmière en la prenant fermement par l’autre bras et en l’emmenant d’un pas vif qu’elle essaie difficilement de suivre.

Eh oh, je sais qu’elle fait 10 ans de moins que son âge, mais quand même, elle a une fracture là!

J’ai envie de crier, mais je n’ose pas.

En revanche rester là à attendre et la laisser seule, je ne peux pas… Alors je me fais ouvrir la porte des urgences en prétextant qu’on m’a autorisé, je la cherche au milieu des quelques box qui sont là. Je la retrouve au moment où l’infirmière la laisse dans un box en lui disant : « enlevez le haut, le médecin va venir ».

Enlevez le haut…. Toute seule… Avec une fracture de l’humérus probable non immobilisée…. Et on est dans CliniqueRéputée…. Je crois rêver… Heureusement que je suis entrée presque par effraction et que je peux l’aider.

Une autre infirmière qui passe m’interpelle : vous n’avez pas le droit d’être là, le médecin ne sera pas content…

On verra à ce moment là, je lui réponds.

Je suis étonnée cependant, je comprends d’autant moins cette attitude que d’autres patients sont accompagnés, eux.

20 longues minutes se passent. Elle est déshabillée, elle a froid, elle a mal. Je sors du box: « cela va être long?  »

« On fait ce qu’on peut…. »

10 minutes plus tard: une autre infirmière arrive : « excusez-nous, il y a quelqu’un qui a besoin d’oxygène, l’oxygène est dans ce box où vous êtes, donc on vous change de box…. »

Et nous voilà reparties vers un box éloigné, encore plus froid…

Je n’ose plus rien dire, je crains que cette longue attente ne soit due à mes protestations du début…

Le médecin arrive enfin, il voit la situation… et demande une radio… Pas trop tôt.

Nous partons pour la radio, proche heureusement. La manipulatrice la fait entrer, et me la rend quelques minutes plus tard.

Retour dans le box.

Nouvelle attente.

15 minutes plus tard, le médecin revient avec la radio : c’est cassé (ça ce n’est pas un scoop cher confrère), fracture sans déplacement heureusement…

Il propose de poser une attelle, ce qui me paraît effectivement le mieux. Ainsi fait-il.

À un moment il me dit : c’est drôle, on dirait qu’elle n’a pas très mal, elle ne se plaint pas beaucoup….

Je lui crie presque : mais c’est parce qu’elle n’aime pas se plaindre, mais elle souffre terriblement!
C’est le moment qu’elle choisit pour dire :  » je crois que je ne me sens pas très bien ».

Comprenant enfin, l’urgentiste propose une perfusion d’antalgiques puissants pendant 20 minutes pour la soulager un peu…
Cela la soulage effectivement…

Il y a deux heures que nous sommes arrivées !

Enfin nous pouvons partir, retrouver son époux, préparer le retour au domicile.

Une histoire banale, comme on en voit tous les jours, et qui se termine « bien ».

J’avoue qu’elle me laisse cependant un goût amer.

Si au lieu de la prendre en charge à distance au début, et d’agir seule, je lui avais conseillé d’appeler le 15, on lui aurait sans doute envoyé le Samu, et la prise en charge aurait peut-être été plus rapide, plus efficace, plus adaptée, moins douloureuse ?

Lecteurs médecins, qu’auriez-vous fait pour votre mère ?

Toucher, palper, tâter?

3 janvier 2012 à 12:20 | Publié dans clinique, examen, examen clinique | Un commentaire
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Nous les médecins généralistes, nous touchons beaucoup nos patients, à longueur de journée en fait.
Et apparemment, avec Jaddo, nous sommes un certain nombre à aimer ça….

Mais cela n’est pas forcément naturel, ni vécu de la même manière par tous.

Lorsque j’ai fait mes études, on m’a appris que la consultation commençait par un interrogatoire, et Christiane , en particulier, m’a montré combien il pouvait être important.

Puis vient le déshabillage .

L’examen clinique lui même comportait jadis (il y a encore 20 ans) 4 temps :
L’inspection ( le médecin regarde attentivement), la palpation, (il touche), la percussion (il « percute », c’est-à-dire qu’il tapote avec ses doigts sur les poumons et le ventre), et enfin l’auscultation, il écoute, en général avec un stéthoscope.
Les moyens modernes d’imagerie et d’investigations ont modifié cette approche, et pourtant…

L’inspection et la palpation restent à mon avis essentiels, tant pour le diagnostic que pour la relation médecin-patient.

Mais ils peuvent heurter la pudeur des patients.

L’inspection nécessite en effet de regarder le patient, mais ce n’est pas un temps nécessairement individualisé.
On le regarde entrer dans le cabinet, marcher, s’asseoir, commencer à parler ou répondre aux questions, ce qui apporte déjà un certain nombre de renseignements. Mais ce regard ne doit jamais être intrusif ou gênant pour le patient.
Je me souviens d’une jeune femme que je voyais pour la première fois. Elle m’avait avoué :  » je ne veux plus voir le Dr X, car la dernière fois il m’a regardé pendant que je me déshabillais… »

Depuis, chaque fois que j’observe un patient (recherche de lésion, étude de la démarche, etc.), je lui précise : « je vous regarde pour voir si vous avez d’autres lésions, ou comment vous marchez…. »
Et les patients apprécient ces explications qui resituent le regard dans son contexte professionnel.

Et puis il y a la palpation.
Il y a ce contact entre la peau du médecin et la peau du patient.

Médecin habillé, patient déshabillé.

Il y a un déséquilibre à ce moment là, d’autant que le médecin est celui qui sait.

Il a fallu apprendre à trouver la bonne distance physique et psychique.

Ne pas trop s’approcher car cela pourrait être vécu comme intrusif, ou même, parfois, pour certains hommes devant une femme médecin, comme une invitation.

Mettre de la douceur, de l’empathie, dans ce toucher, mais en même temps de la distance. Toucher n’est pas caresser. Le patient doit sentir que le geste reste professionnel.

Cela se joue au centimètre près.

J’avoue que je ressens un certain plaisir à trouver cette juste distance, cet espace exact qui situe la limite entre le professionnel et l’intrusif.
Et que j’aime bien, en général, cet aspect « manuel » de la médecine générale.

En même temps, parler au patient, lui expliquer ce que je fais, ce que je touche, ce que je palpe…
Cela lève bien des équivoques et permet une relation d’échange.

Et puis il y a le simple contact : serrer la main du patient quand il arrive et quand il part, l’accompagner par une main sur l’épaule quand il s’installe devant mon bureau, poser la main sur son bras lorsqu’il est allongé et que je lui parle, pour apaiser en quelque sorte les craintes provoquées par ce que je lui dis…
J’ai parfois une impression physique, forte, de transmettre au patient, par ce contact, une certaine sérénité.

C’est du vécu, mais aussi du non-dit, du ressenti, différent selon chacun.

Le jour où la médecine sera réduite à des cases qu’il faut remplir, dans quelle case mettra-t-on le toucher ?

2011 in review

1 janvier 2012 à 08:43 | Publié dans Blog | Laisser un commentaire

Des infos modestes, mais amusantes…
Rien à voir avec Grange Blanche !

Les lutins statisticiens chez WordPress.com ont préparé un rapport annuel 2011 pour ce blogue.

Voici un extrait:

Un cable car à San Francisco contient 60 personnes. Ce blog a été visité environ 3 300 fois en 2011. Si c’était un cable car, il aurait fallu à peu près 55 voyages pour transporter autant de personnes.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Mais comment font-ils?

3 novembre 2011 à 17:04 | Publié dans twitter, Vacances | 5 commentaires
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Cela fait maintenant quelques mois que je suis sur twitter.

J’apprécie toujours autant les discussions, et l’atmosphère qui règne, en tout cas dans le petit monde que je lis.

Il y a souvent beaucoup d’humour, et il m’arrive d’éclater de rire devant un tweet particulièrement réussi… Il y a des histoires tristes aussi, mais quoi qu’il en soit, on a l’impression (l’impression seulement, hein, je ne me fais pas d’illusion) d’appartenir à un groupe (je n’aime pas le mot communauté).

Je fais plein de découvertes, en particulier des blogs avec des articles passionnants, par des médecins, des vétérinaires, des étudiants, des pharmaciens, des sages-femmes, des aides soignantes, des infirmières, et aussi des personnes extérieures au monde médical.

Je suis certainement un peu trop enthousiaste, mais je découvre qu’il y a un grand nombre d’auteurs de qualité parmi les rédacteurs de ces blogs. Ils élargissent le champ de notre petite vie, les horizons divers dont ils sont issus permettent d’ouvrir son esprit à d’autres modes de pensée, à des points de vue différents…

Bien sûr il y a le pire aussi, comme tout moyen d’échange et de communication, mais pour le moment j’ai réussi à l’éviter sur twitter en tout cas.

MAIS….

car il y a un mais…

Cette lecture, cette découverte, cette ouverture, nécessitent du temps, et même beaucoup de temps.

Autour de moi, on trouve que je suis accroc, un peu trop sans doute…

J’ai d’ailleurs essayé de convertir mon entourage proche, avec un succès mitigé pour le moment…

Je consacre parfois plus d’une heure rien qu’à lire des tweets et quelques-uns des liens proposés…

Certains jours, quand j’ai beaucoup de travail, je n’ai pas le temps de me connecter du tout! Même quand je suis en vacances, il me paraît impossible d’être présente en permanence, de répondre à tout, de réagir à tout.

Et je me pose LA question : comment font-ils?

Ils travaillent, ils tweetent, mais quand? pendant leurs consultations? juste après?

Ils réagissent tout au long de la journée, du matin au soir, et quasiment en permanence… (c’est l’impression qu’ils me donnent en tout cas).

Je suppose qu’ils tweetent de leurs ordinateurs (ce que j’ai un peu de mal à faire, je n’ai pas trouvé le programme adéquat, je tweete essentiellement de l’iphone ou de l’ipad).

J’aimerais bien en rencontrer un, de twitto, dans la vraie vie, et voir comment il fait pour vivre sa vie et tweeter en plus…

Amis twittos, en tout cas, je vous admire…

Donnez-moi votre secret.

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